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 Niels Ackermann/Rita Productions
 Niels Ackermann/Rita Productions

«Le vent tourne» avec Mélanie Thierry: le bonheur est-il dans le pré?

«Le vent tourne» rend hommage au monde rural en pointant la dureté d’une vie de labeur. La première diffusion du film, ce dimanche 25 août 2019 à 20.50 sur Canal+ Cinéma, donne l’occasion d’évoquer la manière dont le cinéma français contemporain dépeint le monde paysan.

On se souvient des documentaires de Georges Rouquier (Farrebique, Biquefarre) et de Raymond Depardon (Profils paysans: L’approche, Le quotidien, La vie moderne) qui auscultaient le mode de vie paysanne en voie de disparition. Dans le domaine de la fiction, le cinéma français se préfère citadin ou du moins envisage la campagne comme un lieu presque exotique ou suranné, comme Les enfants du marais de Jean Becker ou Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion (à voir sur Chérie 25, lundi 26 août à 23.05). On y respire l’herbe fraîche mais on s’aventure rarement dans une ferme au milieu de la bouse de vaches !

En 2018, un film créa la surprise par son originalité, sa pertinence et son sujet a priori austère. Qui aurait pu miser sur le succès de Petit paysan (sur OCS Choc, vendredi 30 août à 10.20), thriller mental s’appuyant sur une réalité concrète : la vie des paysans d’aujourd’hui avec ses difficultés, ses galères financières, ses contrôles vétérinaires et son travail acharné. Swann Arlaud (césar du meilleur acteur) y incarne avec justesse un éleveur prêt à tout pour sauver son troupeau.

Le réalisateur, Hubert Charuel, lui-même fils d’éleveurs laitiers, choisissait le prisme de la fiction pour rendre hommage au monde rural. Très ému en recevant son césar de la première œuvre, il remerciait l’Académie «d’avoir récompensé un film de ploucs sur des ploucs, fait par un gros plouc !» Il s’est ensuite adressé aux paysans : «Seuls, vous ne l’êtes pas : votre histoire, vos vies intéressent, le succès du film en est la preuve. Alors, faites-vous entendre, il faut qu’on parle de vous».

Un drame passionnel sur fond de combat écologique

Alors que Petit paysan jouait avec les codes du thriller, Le vent tourne de Bettina Oberli se situe sur un tout autre registre, celui du drame passionnel sur fond de combat écologique. Son héroïne (Mélanie Thierry) est une jeune éleveuse qui n’a jamais connu que la ferme et ce métier rude. Elle partage avec son mari (Pierre Deladonchamps) le même idéal: refus du consumérisme, du système capitaliste, des produits chimiques et des médicaments, même quand un virus s’abat sur leurs bêtes. Alors qu’ils s’apprêtent à faire ériger une éolienne, débarque un bel étranger (Nuno Lopes) qui va tout chambouler. D’une crédibilité saisissante, la comédienne apporte une luminosité et un côté charnel. «Mélanie est à la fois sauvage et douce, elle s’est jetée corps et âme dans ce projet, dit la réalisatrice. Elle a travaillé chez des paysans et elle s’est vraiment approprié physiquement ce personnage.»

Dans Le vent tourne, il y a la nature qui se détraque, une histoire d’émancipation, de tempêtes émotionnelles. Il est question de choix de société, entre la ruralité et le monde urbain. Les pieds bien ancrés dans la terre, Mélanie Thierry incarne cette femme qui n’a jamais quitté sa ferme et qui, sur la voie de son émancipation, doit faire des choix sentimentaux et idéologiques. Nous voilà à mille lieues de Martine à la ferme ou de l’imagerie bucolique aseptisée. Nous sommes dans la vraie vie, celle de héros du quotidien enfin devenus héros de cinéma.

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