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 20th Century Fox
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«Bohemian Rhapsody»: Queen entre ombre et lumière

Récompensé par quatre oscars, gros succès public, «Bohemian Rhapsody» diffusé le 20 septembre à 21.00 sur Canal+, est un biopic galvanisant du légendaire groupe de rock. Le portrait qu’il en dresse est, néanmoins, discutable. Explications.

Sept ans de gestation, trois moutures, le réalisateur Bryan Singer renvoyé en plein tournage: sortir un film sur Queen n’a pas été une mince affaire. D’un bout à l’autre, le projet a été suivi de très près par le guitariste Brian May et le batteur Roger Taylor. Malgré cette naissance chaotique, Bohemian Rhapsody a triomphé au box-office : 810 millions d’euros à travers le monde et 4,3 millions de spectateurs en France.

Des réussites évidentes

À peine le film terminé, impossible de résister à l’envie de chanter à tue-tête les tubes de Queen. La BO du film en est remplie (il y manque quand même le sublime A Kind of Magic) et elle a cartonné. Elle s’est classée dans les dix meilleures ventes dans vingt-cinq pays. Un succès qui a relancé les autres albums du groupe, comme les trois volumes de la compilation Greatest Hits.
Bohemian Rhapsody a aussi fait éclater le talent de Rami Malek. Au naturel, avec ses yeux bleus, l’acteur d’origine égyptienne n’a pourtant pas le même style que Freddie Mercury. Un bon travail de maquillage et des prothèses dentaires ont permis de créer une ressemblance physique. Rami Malek a surtout su capter toute la gestuelle du leader de Queen. À l’arrivée, on y croit totalement. On retrouve bien dans le film l’extraordinaire charisme du chanteur qui savait mettre en transe des stades entiers. L’oscar obtenu en 2019 par l’acteur de 38 ans est amplement mérité. Désormais star de premier plan, il est très attendu dans le prochain James Bond : No Time to Die.

Des points litigieux

N’importe quel scénariste vous le dira : même s’il s’inspire de faits réels, il fait du cinéma, et pas un documentaire. Donc, il s’arrangera avec la réalité. Soit. Il n’empêche, tous les biopics ne réécrivent pas l’histoire autant que Bohemian Rhapsody. Deux exemples : contrairement à ce que raconte le film, le groupe ne s’est pas séparé en 1984. Le fameux concert Live Aid, l’année suivante, n’était donc pas une reformation. Freddie Mercury n’a pas non plus annoncé qu’il était séropositif juste avant le même concert. Il ne l’a appris que deux ans plus tard.
Par ailleurs, le film édulcore la personnalité du chanteur. Certes, il ne cache pas son homosexualité. Mais, il met du temps à la révéler et se contente d’effleurer le sujet. La toute première mouture du projet, prévue pour Sacha Baron Cohen, en faisait un point central. Brian May et Roger Taylor n’ont pas voulu suivre cette piste, ils ont fini par se brouiller avec l’excentrique acteur de Borat. Dans la même veine, les soirées données par Freddie Mercury sont très esthétisées à l’écran. En réalité, elles étaient beaucoup plus trash, de véritables orgies qui ont parfois défrayé la chronique. Le film évacue enfin largement le problème de la drogue que la star consommait en quantité.

En conclusion

Malgré ces quelques réserves, Bohemian Rhapsody reste un bon film, car il réussit l’essentiel: faire jaillir la puissance renversante de la musique de Queen et de leurs concerts. Il a aussi fait connaître Rami Malek dans le monde entier. Il s’agit maintenant d’un biopic romancé, clairement conçu pour plaire au plus grand nombre. Peut-être a-t-il été surveillé de trop près par Brian May et Roger Taylor, ce qui lui donne un côté “officiel” que n’ont pas Ray (consacré à Ray Charles) ou Walk the Line (consacré à Johnny Cash). Des films qui rendent également compte de la démesure de géants de la musique, mais gardent un point de vue critique.

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