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 20th Century Studios
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«Promised Land»: Frances McDormand oscarisée et engagée

Le 9 juin, elle sera à l’affiche de «Nomadland», oscar 2021 du meilleur film. Son interprétation lui a valu sa troisième statuette comme meilleure actrice. Ushuaïa TV diffuse «Promise Land» le 11 juin à 0.00.

Fargo en 1997, Three Billboards - Les Panneaux de la vengeance en 2018 et Nomadland en 2021… Seule Katharine Hepburn, avec quatre trophées, précède désormais Frances McDormand au palmarès des comédiennes les plus oscarisées. Dans son dernier film, elle joue une femme qui, après avoir tout perdu, se retrouve, la soixantaine venue, vivant comme une nomade dans sa camionnette.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans «Nomadland» qui montre une face cachée de l'Amérique ou les gens qui ne s’en sortent pas financièrement sont obligés de vivre dans une caravane?
C’était vital pour moi de m’engager. Mais, attention, Nomadland n’est pas un film sur les sans-abri! Ces gens ne vivent pas dans la rue et, même si leur vie est très dure, ils ont choisi de ne pas avoir de domicile fixe. Ils ont choisi de ne pas utiliser l’argent qu’ils gagnent, en travaillant durement, pour payer un loyer d’appartement. Notre société capitaliste veut nous faire croire que l’on doit amasser le plus de biens possible. Plus de fric, plus de travail… mais consommer encore et toujours est une fuite en avant qui ne mène nulle part.

Ce film est donc un engagement politique, pour vous?
Totalement! Il n’y a plus de place pour les anciens dans nos sociétés. Mes parents ont travaillé presque toute leur vie. Ils n’ont pas fait fortune mais ils ont toujours réussi à payer leurs factures. Aujourd’hui, à l’âge de la retraite, de plus en plus d’Américains doivent continuer de travailler. Beaucoup acceptent des petits boulots et migrent d’une région à l’autre, au fil des opportunités de travail. Ils se retrouvent sur des sites de camping et s’organisent une vie de groupe. On y fait du troc au lieu d’acheter, par exemple. Notre gouvernement devrait faire tellement mieux en matière de services sociaux et d’égalité des revenus.

Espérez-vous que ce film aide à changer les choses?
J’espère que Nomadland va aider à changer notre perception de ces gens qui vivent dans leur voiture ou dans un camping-car, qu’on ne les ignore plus. En Europe de l’Est, il y a de nombreuses communautés qui vivent ainsi depuis des siècles. Et on essaye de les chasser alors qu’on devrait créer des lieux pour que chacun s’intègre en vivant à sa façon.

Comment vous identifiez-vous à cette femme qui a tout perdu, son mari, son job, sa maison?
C’est mon job de vous faire croire dans cette histoire. La puissance de mon métier est de prendre le spectateur par la main et de l’emmener dans un territoire émotionnel. Je ne suis pas devenue comédienne pour jouer une version de moi-même à l’écran. Ce film m’a permis d’approcher l’idée d’être seule, l’horreur, la tristesse, mais aussi la joie et la liberté que cette solitude peut apporter.

Comment vous préparez-vous pour ces métamorphoses?
J’ai 63 ans et je fais mon job depuis quarante ans. J’ai ma routine mais l’une des choses les plus importantes pour être actrice, c’est l’empathie. C’est la règle d’or si l’on veut entrer dans la peau d’un personnage sans s’imaginer que l’on est cette personne 24 heures sur 24. Je voulais dormir dans la camionnette du film mais cela a été impossible car elle était pleine d’équipements de tournage. J’ai rencontré ces nomades, passé des semaines avec eux. S’ouvrir aux émotions des autres est primordial et avoir de l’empathie évite de se perdre. 

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