Star d’envergure internationale, Mika est entré dans la pop comme un équilibriste, et ne cesse depuis de jongler entre les langues, les pays, les expériences musicales et télévisuelles. Il prépare un nouvel album et partage actuellement son temps entre l’Espagne, Londres et l’Italie.
Quelle a été votre première réaction à la proposition d’être le parrain de cette édition 2024 du Téléthon ?
Chaque année, j’étais en tournée et n’y participais qu’en tant qu’invité parmi d’autres. Là, j’ai dit oui car j’avais une fenêtre d’opportunité précieuse pour m’investir totalement. Il n’est pas question de faire les choses à moitié. Il y a tant de vie, de travail et de vérité autour du Téléthon qu’il faut être à la hauteur de l’événement, humainement et artistiquement. Je sais que je vais vivre une expérience remarquable, comprendre l’ampleur d’un tel événement de l'intérieur. C’est un programme totalement à part, unique en télévision, d’un anti-snobisme radical. Quel privilège et quel challenge de faire partie de cette famille-là, je suis si fier.
Qu’avez-vous retenu de votre visite au Généthon ?
J’ai pu observer l’incroyable enthousiasme des chercheurs, ils sont heureux d’avancer, on sent leur impatience à chaque découverte. On m’a mis entre les mains une fiole contenant un peu de liquide d’une valeur de plus de deux millions d’euros qui peut traiter trois personnes, vous rendez-vous compte ?
Comment se blinde-t-on au contact des familles ?
Quand on est à l’écoute de l’autre, on ne peut et on ne doit ni s’écrouler ni se blinder. À les entendre raconter leur histoire, j’ai vu le feu derrière leur regard, leur émotion. Félicie (une des héroïnes de l’édition 2024) n’a pas un futur joyeux et pourtant elle m’a accompagné partout. Elle est amusante, inspirante et il n’y a pourtant pas encore de traitement pour elle. Elle fait partie d’un tout plus grand qu’elle, qui est en marche et cela lui donne une autre perspective sur sa propre vie et sa propre condition. La force du Téléthon réside dans cette connexion entre les malades.
Quel parrain souhaitez-vous être ?
J’ai accepté ce challenge alors je me dois d’accompagner cette initiative avec le plus de chaleur humaine, d’enthousiasme et de proximité. Je suis à la recherche d’une autre sensibilité. Bien sûr, je réfléchis à des surprises, cela fait partie du boulot, mais l’idée n’est pas de transformer le décor en salle de concert avec de grands moments de feux d’artifice, ce serait une fausse bonne idée. Je suis à la recherche d’une autre sensibilité. Je veux créer un spectacle intimiste et grand en même temps, pour vivre ensemble un moment humain émouvant. Nous sommes au service des familles, des malades, des chercheurs.
Et vous comptez d'ailleurs être présent sur de nombreuses émissions…
Oui, cela m’amuse de dire que je veux être présent de Télématin à Twitch alors que je n’ai jamais joué à un jeu vidéo, cela va être un désastre, mais bon, il va falloir être à la hauteur de toutes les bonnes ondes que l’on m’aura transmises avant. Le Téléthon ne se résume pas à deux prime time… Il faut occuper le temps d’antenne de la plus belle des manières et faire des coucous dans d’autres émissions si on nous ouvre les portes pour des appels aux dons.
Connaissiez-vous la version américaine du Téléthon présentée par Jerry Lewis ?
Cela fait partie de la pop culture américaine ! On peut voir ces images sur YouTube. Jerry Lewis était incroyable, investi, fatigué mais il ne s’arrêtait jamais et les invités lui préparaient des sandwichs, des pâtes… C’est mythique de voir une telle solidarité !
Le passage de relais avec le parrain de la précédente édition, Vianney, coïncide avec la mise à zéro du compteur. C’est un moment vertigineux et une pression énorme pour vous…
Quand on accepte le défi, on n’y pense pas. Et puis, lors de la première visite au centre de recherche (le Généthon), vous rencontrez les chercheurs, les familles, vous voyez la liste des choses à faire pour l’année prochaine mais les financements sont à zéro et le silence règne dans le labo. Oui, la pression est palpable. Et je vais répéter tout le week-end qu’il n’y a pas de petits dons… Ils sont tous importants. Le message est on ne peut plus clair et direct car du succès du Téléthon dépendent toutes les actions et les programmes de recherches à venir.
Vos engagements sont multiples (Unicef, Liban, etc.) et ce depuis des années…
Quand je m’engage, je sens que nous tous, humains, sommes connectés au-delà des frontières que l’on dispute ou que l’on attaque. J’aime cette idée d’universalisme. Et ma famille pense pareil. Pour le Téléthon, j’ai lancé un défi à ma propre famille, une compétition entre mon frère et mes sœurs. Ils doivent tous faire quelque chose et gagner le plus d’argent possible. Cette compétition familiale aurait fait sourire ma mère. Mon père aussi est mis à contribution. J’ai une sœur qui fait les cookies les plus délicieux que je connaisse et j’ai un petit-neveu de dix ans déjà bon musicien… Si, le jour J, ils ont besoin de mon aide, je me prête au jeu…
La grande fête du Téléthon est à regarder sur France 2 le samedi 30/11 à partir de 21h10.