Avez-vous tout de suite accepté ce projet ?
Je me suis dit que c’était un beau challenge. Je n’avais jamais fait d’apnée de ma vie. En plus, j’aime la Martinique à la folie, je vis ici six mois par an. C’était l’occasion de la découvrir d’une autre façon.
D’où vous vient votre amour de la Martinique ?
Je suis d’abord tombée amoureuse d’un garçon qui venait de là-bas quand j’avais 17 ans. J’ai quitté le garçon mais j’ai gardé l’île (Rire.)
Le tournage a été compliqué, vous avez malheureusement appris la mort d’un copain pendant la semaine…
J’avais le cœur brisé, la tête ailleurs mais j’ai quand même essayé de faire mon maximum. Cela a finalement rendu ces journées un peu mystiques. Sous l’eau, j’avais l’impression d’être dans un monde parallèle. Si j’avais appris cette nouvelle dans un autre contexte, j’aurais eu beaucoup plus de mal à l’encaisser. Morgan est une personne d’une très grande douceur. Il était à l’écoute, dans la transmission.
Cela a été difficile pour vous de lâcher prise ?
Oui, un peu. Je suis quand même assez dans le contrôle. On a eu de longues discussions avec Morgan sur mon appréhension d’arrêter de respirer. C’était un gros challenge. J’ai eu vraiment peur. J’aurais aimé réussir à aller plus bas que 9 mètres. Je suis une éternelle insatisfaite mais c’est aussi grâce à ça que je mène la vie que j’ai aujourd’hui. J’essaye toujours de me donner à fond.
Quel est votre rapport à la mer ?
Dans l’eau, je suis vraiment dans mon élément. Toute petite, je n’attendais qu’une chose : l’été pour pouvoir aller me baigner. On n’avait pas de piscine à la maison, la mer était à plus d’une heure de route. Je suis avignonnaise, il fallait pouvoir mettre de l’essence dans la voiture pour descendre à la mer. Notre père nous a beaucoup emmenés à la rivière à côté de chez nous. Je n’ai jamais fait de plongée ni d’apnée mais j’aime mettre mon masque et mon tuba pour explorer.
Quelle rencontre a été la plus marquante ?
L’ancienne championne olympique de natation Coralie Balmy est incroyable. Avec son association Coco An Dlo, elle aide les enfants et les adultes à découvrir la beauté de la mer des Caraïbes. C’est un peuple qui a un rapport traumatique avec l’eau. Les Martiniquais sont souvent des descendants d’esclaves ramenés par bateau. Cela rejoint mon histoire. J’ai un papa qui a traversé la Méditerranée depuis l’Algérie. C’était super de pouvoir découvrir des gens que je n’aurais peut-être jamais croisés. Ma seule demande c’était d’avoir des intervenants martiniquais et pas des Français de l’Hexagone qui leur font la morale sur la gestion de leur île.
Vous rentrez en avril à Paris. Comment se profile le reste de l’année ?
Avec la réalisatrice Audrey Dana, qui est devenue une grande amie depuis Sous les jupes des filles, on va faire un film qui s’appelle Alice a trop pleuré, fruit de nos discussions cet été. Le tournage de la saison 4 d’Hippocrate va bientôt commencer. Et puis, je suis très heureuse de voir bientôt en salle un premier film, Les Crocs, dans lequel je joue.