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Ampilhac Mireille/ABACA
Laury Thilleman
Ampilhac Mireille/ABACA

Laury Thilleman en terre amazonienne

L'animatrice revient sur le tournage en Amazonie de son deuxième numéro à la tête de Rendez-vous en terre inconnue. Un voyage où rien ne s’est déroulé comme prévu.

Après avoir pris ses marques en Patagonie avec Cyril Lignac, Laury Thilleman est partie au Brésil, avec le comédien Stéphane De Groodt, partager le quotidien du peuple Wauja. Les familles de la communauté d’Ulupuwene les ont accueillis malgré un deuil, la sœur de la cheffe du village étant tombée dans le coma.

Vous arrivez sur place au moment où le village est en deuil, Stéphane De Groodt vous dit également qu’il a connu un deuil récemment dans sa famille. Est-ce que vous avez pensé à reporter le tournage ?

La question s’est effectivement posée. Lorsqu’une personne est malade, dans la culture Wauja, tout le monde doit rester reclus dans sa maison. Il ne se passe plus rien. C’était donc compliqué d’envisager un film. Je faisais des allers-retours sur place pour aller voir l’équipe de tournage sans en parler à Stéphane. Il faut savoir, en plus, que cela fait quinze ans que l’émission rêve d’aller en Amazonie. C’est très compliqué d’obtenir les autorisations auprès des autochtones. On a donc pris le risque de rester et de s’adapter. C’est le principe de Rendez-vous en terre inconnue : on s’adapte au quotidien de nos hôtes. Finalement, on a eu accès à des moments d’intimité incroyables.

Vous avez notamment assisté à une cérémonie spéciale…

Cette situation inédite nous a effectivement ouvert les portes d’une séance de chamanisme à laquelle nous n’aurions jamais dû avoir accès. La chamane, qui est la femme du chef du village, est entrée en transe pour convoquer les esprits de la forêt et essayer de sauver sa sœur malade. En vain, malheureusement. C’était un moment bouleversant, irréel et très émouvant.

Les femmes ont une grande place dans cette communauté. Est-ce que le fait d’être une femme vous a aidée à établir le contact ?

C’était l’espoir de Frédéric Lopez quand il m’a confié les clés de cette émission et ça a été le cas cette fois. Cela m’a aussi permis d’entrer en contact avec une jeune fille de 16 ans, recluse. C’est une tradition qui nous paraît étrange. À la puberté, pendant deux ans, les jeunes femmes vivent isolées de la communauté. Elles se ligotent les articulations, mangent des baies pour obtenir une certaine corpulence qui fait partie de leurs canons de beauté. Une femme trop maigre n’est pas jugée attirante. Une autre jeune fille de la communauté m’a dit qu’elle ne respecterait pas cette tradition. Elle en est venue à la questionner en voyant d’autres modèles sur les réseaux sociaux.

Est-ce que le combat des Wauja pour sauver leur forêt vous a touchée ?

Ils nous ont expliqué que la nouvelle loi dite « du Marco Temporal », va faciliter leur expropriation. J’ai donc décidé de lancer un appel aux dons pendant la diffusion de l’émission pour les aider.

Propos recueillis par Florence Dauly

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