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IMAGO / Panoramic by PsnewZ
Marie Christine Barrault
IMAGO / Panoramic by PsnewZ

Marie-Christine Barrault : “Jouer avec Laurent Stocker a été une bénédiction”

Interview de la comédienne qui, dans « Je suis la maman du bourreau », trouve un rôle à fois lumineux et bouleversant

Gabrielle (Marie-Christine Barrault), une fervente catholique, découvre après la mort de son fils (Laurent Stocker), prêtre, qu’il était l’auteur d’abus pédophiles. La comédienne revient avec simplicité sur cette fiction éprouvante, entre foi, amour maternel et effondrement.

Comment ce projet est-il arrivé jusqu’à vous ?

Je venais de tourner un téléfilm avec la même équipe : Dominique Besnehard à la production et Gabrielle Aghion à la réalisation. Dominique m’a dit qu’il venait d’acheter les droits du livre de David Lelait-Helo, Je suis la maman du bourreau (2022), et qu’il pensait que le rôle était pour moi.

Avez-vous tout de suite été enthousiaste ?

Je lui ai dit que s’il le faisait avec une autre actrice, sa vie était en danger. (Rire.)

Qu’est-ce qui vous a autant attirée ?

C’est extrêmement rare d’avoir un rôle, non seulement d’une telle intensité, mais aussi d’une telle complexité. Cette femme a vécu toute sa vie avec des certitudes : la certitude de la foi, la certitude de son amour pour son fils, et la conviction d’être du bon côté, à la frontière entre le Bien et le Mal. Et, tout d’un coup, tout se fissure. Et ce qui est beau, c’est qu’elle accepte de se laisser fissurer.

C’est-à-dire ?

Il y a beaucoup de gens qui, lorsqu’ils se retrouvent face à une adversité, la refusent purement et simplement. Là, non seulement elle l’accepte, mais elle entre dedans. Et la pauvre… elle essaie d’en faire quelque chose.

Est-ce un rôle difficile à jouer ?

Non, je ne peux pas dire ça. Dès la première image, on la voit tellement lumineuse, avec son rapport à la foi, à Dieu, à tout ce en quoi elle croit… Et comment, à la fin, tout cela est délabré. Le personnage de Gabrielle est limpide à jouer.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement touchée dans ce récit dramatique ?

Ce qui est beau dans cette histoire, c’est que lorsqu’elle rencontre la victime, elle est en empathie presque tout de suite avec elle. Elle sent sa douleur et elle la prend sur elle, tout en continuant d’aimer son fils.

Comment s’est déroulé le tournage ?

Comme un rêve. Grâce à Gabrielle Aghion, mais aussi et surtout grâce à Laurent Stocker. C’est le meilleur acteur de la terre, mais, en plus de ça, c’est un être humain unique en son genre. D’une simplicité… Il est direct, il est avec vous. Il n’y a jamais un moment où il se prend pour “Laurent Stocker, de la Comédie-Française”. Jouer avec lui et vivre avec lui le temps d’un tournage a été une bénédiction totale.

Malgré cette ambiance idyllique, y a-t-il eu des scènes plus difficiles que d’autres à tourner ?

Oui, celles où je lui rentre un peu dans le lard, si j’ose dire. Mais, encore une fois, avec lui… Il est tellement extraordinaire comme acteur qu’on est tout de suite sur la même longueur d’onde. Tout s’est fait avec simplicité. Et, surtout, on sentait sur le plateau qu’on était en train de faire un beau film. On le sentait vraiment.

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