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Adobestock/ Anton
Victoires de la Musique 2026
Adobestock/ Anton

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Interview d'Helena Noguerra et Cyril Féraud, duo télévisuel inédit pour cette 41e cérémonie des Victoires de la musique.

Elle est chanteuse, animatrice, comédienne, autrice. Lui a déjà passé plus de la moitié de sa vie à la télé et s’est imposé en 2025 comme l’animateur préféré des Français. Ils entendent bien constituer un tandem explosif pour des Victoires très urbaines et féminines.

Helena, présenter de grands événements, ça vous connaît !

J’ai été maîtresse de cérémonie de la première et deuxième édition des Magritte du cinéma belge, j'ai animé deux fois les prix Sacem, la fête de la musique avec Olivier Minne en 2008, le Noël des Petits chanteurs à la croix de bois, un Gala de l’Union avec Guillaume Durand… Mine de rien et tapie dans l’ombre, j’ai de l’expérience dans le domaine.

Cyril, sur cette soirée, Helena est un peu votre « Valentine » télévisuelle…

Je suis heureux de présenter pour la troisième année cette soirée et oui, Helena est ma Valentine de la soirée. Elle me touche par son côté rock et pop et aussi par sa douceur. Elle est une artiste et nous avons des compétences complémentaires, c'est parfait !

Helena, vous dites être flattée d'avoir été sollicitée et traqueuse aussi…

Tout en ayant le trac, cela va être un grand saut dans le vide mais je suis avec Cyril Féraud qui a une grande maîtrise de l’exercice. Il sera un bon partenaire. Cela fait 40 ans que je fais de la musique. Je me sens à ma place et n’ai aucune frustration d’être sur scène et non dans la salle.

Mika, le président d’honneur de cette édition parle d’une cérémonie plus ouverte que jamais. Qu’en pensez-vous ?

H.N. : Je vois plutôt un renouvellement. On était habitué à voir Souchon, Obispo, Cabrel et petit à petit les anciens sortent du jeu au profit d’une nouvelle génération de garçons et de filles qui prennent la place.

Les femmes raflent 21 nominations sur 34, et la chanson originale de l’année est exclusivement féminine…

H.N. : C’est génial et cela m'étonne encore. À un moment, nous avions créé un projet musical de bossa-nova avec Natalie Dessay, Agnès Jaoui et Liat Cohen guitariste classique. On nous parlait toujours du fait que nous étions quatre nanas mais personne n’a jamais demandé aux Beatles si cela leur faisait drôle d’être quatre mecs… J’aspire à vivre ce moment où l’on ne fera plus ce genre de remarque.

C.F. : C’est effectivement l’année des femmes ! Il y a une explosion d’artistes féminines aux univers très différents et c’est tant mieux. Je ne m’en étonne pas et cela n’éclipse pas le succès des artistes masculins.

La musique urbaine est aussi très représentée…

H.N. : Il fut un temps où cela n’était pas le cas. L’absence est comblée, la graine a fini par donner une fleur, la musique urbaine a pris sa place. Cela reflète la société d’aujourd’hui.

C.F. : Chaque année, certains remarquent tels ou tels absents… Moi, j’ai l’impression au contraire que l’éventail est plus large, que la soirée est parfaitement éclectique avec une scène rap et aussi des artistes de la Star Ac’ qui arrivent à transformer l’essai et à cartonner dès leur sortie de l’émission. La chanson populaire a sa place au sens le plus noble du terme dans ces Victoires.

Helena, vous avez animé « Plus vite que la musique » sur M6 de 1996 à 2001… quels souvenirs en gardez-vous ?

J’ai vu débuter des artistes qui sont toujours là, comme Christine and the Queens, Skip the Use, Albin de la Simone, Matthieu Chedid… Nous avons mis de la lumière sur ces talents. J’aimais beaucoup cet exercice.

Vous avez dit en parlant de votre carrière éclectique « Je tricote pour laisser des mailles ouvertes »

H.N. : J’aime vivre des expériences, ouvrir des portes qui sont a priori fermées. J’ai cette facilité, ce culot, cette envie, cet appétit de vie féministe, humaniste utopiste. C’est ma vision pop de la vie qui est d’embrasser plein de genres, moi l’ancien mannequin qui n’ai pas fait d’étude.

Qu’y a-t-il dans vos playlists respectives ?

H.N. : Je vois « L’adagio » d’Albinoni, Samson François qui joue Debussy et Chopin, One Day Creatures, « Home » de Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni, un de mes albums préférés au monde.

C.F. : J’ai tendance à écouter la radio, et sur les plateformes j'aime les playlists “découverte”. Ce qui me permet de connaître les nouveaux visages nommés cette année. C’est un peu ma façon d’écouter la musique en allant explorer des catégories, des genres musicaux… Sinon, je suis éclectique, variété française, rap et pop.

Et vous chantez quoi sous la douche ?

H.N. : (Rire)It’s sad, so sad, sad situation d’Elton John. J’aime chanter cette phrase précisément, cette mélancolie douce…

C.F. : Je suis fan absolu de comédies musicales et j’ai ma short list d'airs qui me donnent la pêche…

Que nous réservez-vous pour 2026 ?

H.N. : J’écris des chansons et voudrais enregistrer un disque. J'aimerais aussi retourner au théâtre mais l’époque est rude. Les Victoires vont faire du bien, cette soirée va être un nuage rose dans un contexte morose où les projets artistiques sont mis à mal, les subventions coupées… Profitons du moment présent !

C.F. : Prenons chaque nuage rose, chaque petit moment de sourire qui fait du bien aux gens. Cette soirée va rassembler la famille. Plus largement, cette année, je souhaite continuer à avoir des rendez-vous comme celui-ci, la confiance des téléspectateurs et toujours prendre le même plaisir…

Propos recueillis par Nathalie Jacquet

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