Outre Basique le concert sur France 2, la chaîne Melody consacre la semaine du 14 au 20 mars à l'artiste aux plus de 100 millions d'albums vendus dans le monde.
Pourquoi avoir intitulé votre 27e album « Des nèfles et des groseilles » ?
Quand j’étais enfant, il y avait des nèfles et des groseilles dans le verger de l'école. C’était presque un rituel d’aller voler des groseilles chez les voisins. À la sortie de la messe, les garçons et les filles faisaient le tour de l’église dans un sens différent. Quand on se croisait, il y avait des petits regards. J'ai une petite fille de 12 ans qui a smartphone. Il n’y a plus cette candeur, cette approche timide. Il y a aussi des oiseaux qu'on ne voit plus. Je voulais évoquer des jolies choses qu'on n'a plus l'occasion de voir.
Dans la chanson « Les Horloges… », vous évoquez votre premier concours de chant, à l'âge 12 ans. Un événement fondateur ?
Oui, je passais par hasard, j’ai vu un attroupement et je suis monté sur le podium. J’ai chanté du Luis Mariano et j’ai gagné deux kilos de chocolat. Plus tard, mon grand-père m'a envoyé une guitare parce que ma maman m’avait surpris en train d'imiter Elvis Presley devant la glace en utilisant une brosse en guise de guitare. C’est à partir de là que j'ai commencé à mettre en musique mes poèmes.
Vous fêtez vos 62 ans de carrière. Quel est le secret de votre longévité ?
Je n’ai pas vraiment de secret. J’ai essayé d’être honnête. Même si on est dans le showbiz, qu’il faut épater les gens, je me suis toujours montré tel que je suis intérieurement. Et surtout, il faut aimer les gens sincèrement. Si on fait semblant, les gens le captent.
Vous travaillez énormément…
Je tiens ça de mon grand-père paternel qui était vannier. Je le regardais, tirant la langue, tressant les tiges d’osier. Ça durait des heures. Disons que moi je tisse avec les mots. La nuit, je me réveille avec un début de chanson que j'enregistre sur mon iPhone. Je me rendors, puis je me réveille deux heures plus tard avec la suite de la chanson.
Comme Charles Aznavour, on a dit que vous n’aviez pas une belle voix…
J'avais été mis à la porte de la chorale. Même mon père ne voyait comment je pouvais prétendre chanter avec la voix ensablée que j’avais déjà. Une fois qu’il m’a entendu à la radio, il a cru en moi.
En 1966, vous étiez deuxième derrière les Beatles en termes de ventes de disques dans le monde. Incroyable !
J'ai eu du mal à le croire aussi. Je vivais tout avec candeur. Je me disais à chaque fois que c'était ma dernière télé, mon dernier disque. Et puis, ça s'est prolongé.
Un biopic est en préparation. Quel acteur pour jouer votre rôle ?
Certains m’ont parlé de François Civil. Il doit mesurer une bonne quinzaine de centimètres de plus que moi. C'est Stijn Coninx, le réalisateur de Sœur Sourire, qui le réalisera.
« Tombe la neige » est-elle encore jouée dans les karaokés au Japon ?
Il paraît. En prenant l’avion, j’ai entendu une version instrumentale de Tombe la neige. J’ai demandé à l’hôtesse ce que c’était. Elle m’a répondu que c’était une chanson folklorique japonaise. Me voilà annexé au folklore. C’est un honneur !