« Je veux que tout soit prêt. Ces rendez-vous avec le public sont précieux. Ils ponctuent ma vie. Les rêves sont parfois un peu agités quand j’y songe, mais l’émotion reste intacte. J’en rêve endormie et éveillée ! » Ces mots de Mylène Farmer sont extraits d’une interview dans Gala, le 10 mars 2022. Depuis, c’est le silence total sur cette nouvelle tournée qui débute samedi 3 juin à Lille pour s’achever le 29 juillet à Nice. Treize concerts dans neuf villes différentes pour un total de 675 000 spectateurs environ et un budget estimé à 65 millions d’euros. Une tournée présentée comme la plus grande tournée des stades de l’histoire de la musique en France par une femme (en 2003, Johnny Hallyday avait chanté dans seize stades différents), qui nécessite la bagatelle de quatre-vingt-dix semi-remorques pour transporter décors, costumes, écrans géants, scène, etc.
Un raz-de-marée !
Des concerts remplis sans aucune promotion. Dès l’annonce de la tournée par simple communiqué, le 22 juin 2021, les fans s’enflamment. Mais pas seulement eux puisqu'à l’ouverture des locations, le 1er octobre suivant, un an et demi avant la première, le public achète quelque 200 000 billets en seulement huit heures ! Du jamais vu pour une artiste française. Dans Le Parisien du 24 novembre 2022, Thierry Suc, producteur et manager de la chanteuse depuis plus de trente ans, se souvient : « Le jour de la mise en vente, Mylène est venue dans nos bureaux partager une coupe de champagne avec les équipes de la billetterie, qui avaient travaillé 24 heures non-stop. Elle était très émue. De mémoire, c’est la première fois qu’une star fait cette démarche. Mais elle ne pense jamais que c’est acquis… Cette hypersensibilité, c’est ce qui fait sa singularité et sa proximité avec le public. »
Grandiose et intime à la fois
La proximité avec le public dans des lieux immenses, Mylène en a le secret, comme elle l’a déjà prouvé lors de ses concerts au Stade de France en 2009 (elle retrouve ce stade les 30 juin et 1er juillet prochain). Car une des clefs de son succès sur scène, c’est certainement ce savant mélange de show pharaonique, où elle est entourée de danseurs, et d’intimité, quand elle est seule au piano avec Yvan Cassar, qui est encore de la tournée. Et entre ses tubes incontournables, Libertine, Sans Contrefaçon, Pourvu qu’elles soient douces, Désenchantée, California, XXL, Oui mais… non qui ont fait danser deux générations depuis presque quarante ans, Mylène Farmer devrait interpréter des chansons plus intimistes dont celles issues de son douzième album studio, L’Emprise, paru le 25 novembre dernier. Un album, assez sombre, produit et composé en partie par Woodkid (producteur, compositeur et chanteur français) sur des textes de Mylène Farmer. Woodkid qui s’occupe de la conception visuelle du spectacle. Un renouveau pour la chanteuse de Maman a tort en 1984 qui laisse de côté son compositeur, producteur artistique et metteur en scène historique, Laurent Boutonnat, et pour l’album et pour le spectacle.
Jamais plus ?
Des projets, on ne sait pas si la chanteuse y songe après cette tournée intitulée Nevermore (littéralement “jamais plus”). Beaucoup pensent même qu’avec un tel titre, Mylène Farmer pourrait mettre fin à sa carrière sur scène, le 29 juillet à Nice. À Jérôme Béglé du JJD, le 20 novembre 2022, qui lui demandait si le titre Nevermore doit être pris au pied de la lettre, elle assurait : « Comment répondre à une telle question ? Je vis le moment présent. Je refuse de me projeter, c’est une source d’angoisse terrible pour moi. Le présent reste mon refuge. J’ai si hâte de retrouver le public, même si je suis toujours très angoissée de n’être pas à la hauteur de son attente. » Une attente partagée par près de 700 000 spectateurs !